Après avoir écrit le dernier post, il y a de ça près d'un an il s'est passé quelque chose.

La PMA nous a appelé pour nous dire "voilà M. Galilée, Mme. Ema Luna, ce matin j'ai quand même jeté un coup d'oeil aux embryons avant de les détruire, et il s'avère qu'il y en a un qui s'est développé, vous avez un bel embryon. Donc vous avez 2 possibilités, vous venez à la pma, et on vous le transfère, vu ses conditions d'évolution, il y a peu de chance qu'il se développe et s'accroche et vous n'aurez plus droit qu'à 3 essai sur vos 4 remboursés par la sécurité sociale. Ou alors on le congèle, dans deux ou trois mois on le décongèle, et on vous le transfère. Ca peut marcher, ou pas, mais en tout cas vous n'aurez pas perdu un de vos essais. J'ai répondu "ah bon", et là épiphanie! Les 4 essais c'était pour des transferts d'embryons frais!!! En fait, s'il y avait des surplus d'embryons à chaque traitement ils pouvaient être congelés et le transfert de ces embryons n'était pas contabilisés.

Donc là je dis "on congèle", et au même moment Galilée dit "on transfère". On a raccroché avec la pma en leur disant qu'il fallait qu'on parle et qu'on les rappelait, on a avancé chacun nos arguments. Galilée disait "c'est peut être la seule chance qu'on aura jamais. Moi je disais "oui mais après on a plus que 3 essai, c'est déjà difficile qu'un embryons parfait s'accroche, alors celui là qui a mis trois plombes à se diviser en 4 cellules!!!" Et puis il y avait les arguments de la biologiste "vous êtes jeune (oui par rapport au public de la pma je le suis) et le fait que votre traitement n'ai pas bien marché cette fois ci ne veut pas dire que ça ne marchera pas mieux la prochaine fois".

Au final on a congelé, mais avec pour moi un immense espoir, celui que c'était possible, qu'un de nos embryons pouvait finalement se développer. Nous étions en Janvier 2014, et une folle année s'annonçait, j'avais prévu, un voyage à Paris en Février pour aller voir mes parents qui y étaient à ce moment là (mes parents sont de grands expatriés devant l'Eternel, après 8 ans au Brésil il viennent de de partir pour 3 ans à Abu Dhabi)(mon père est un espion international)(et il a une moustache à la Magnum).

En Mars je devais partir en Suède pour la suite et fin de mon projet Co*me*nius, j'avais prévu de me faire remplacer en cas de grossesse, mais ce voyage était pour moi un magnifique lot de consolation.

En Avril nous avions réservé avec Galilée des billets pour New York, avec l'intention de nous régaler.

J'ai donc repoussé à Mai, le transfert de cet embryon miraculé. En Mai l'embryon s'était correctement décryogénéisé. (ça existe ça?)

On me l'a transféré. En fait le gynéco qui m'a fait le transfert a eu beaucoup de mal, il n'arrivait pas à passer le col de l'uterus, puis après vérification du cathéter, ah ben non ça n'a pas marché l'embryon est toujours dans le cathéter, il faut donc recommencer, du mal à passer le col de l'utérus à nouveau, et enfin transfert.

Je n'avais pas demandé de jour de repos, j'ai continué à travailler normalement. Je prenais bien toute la batterie d'hormones que l'on fait prendre aux femmes en protocole fiv, ah les joies de l'utrogestran et du provames: seins ultra gonflés et douloureux, douleurs de règles dans le bas du dos, nausées, fatigues... Bref, tous les symptomes de la femme enceinte. J'étais folle de joie, c'était bon, ça avait marché, même mon corps me le criait à corps et à cris, j'étais enceinte.

Le jour de la prise de sang l'euphorie est retombée. Je n'étais pas enceinte. On était au mois de juin. Le centre de pma allait fermer pour l'été. En septembre il faudrait tout recommencer. TOUT. Les piqûres, les prises de sang, les frottis, "mettez vos pieds sur les étriers madame"," vous avez beaucoup de retard dans vos règles? Non je n'en ai pas, c'est une prise de sang dans le cadre d'une fiv". Galilée était une fois de plus au fond du trou, et moi je lui remontais le moral, je lui disais que la prochaine fois serait la bonne, et qu'on allait y arriver. La date fatidique des 40 ans approchait pour lui, et même s'il ne me l'a jamais dit, je crois qu'il espérait vraiment être père, ou dumoins avoir l'espoir de le devenir, avant d'atteindre cet nouvelle étape, 40 ans.

Je suis partie en métropole pendant les deux mois d'été, il est resté en Guadeloupe pour s'occuper de nouveaux travaux dans notre appartement. Deux mois sans se voir. Galilée et moi ayant beaucoup de mal avec la communication au téléphone, c'était aussi deux mois sans se parler ou presque.

Je suis partie avec plein de choses en perspective pour l'été, un festival avec ma copine C., des rendez vous pris avec des amis, du temps à passer avec ma filleule, un voyage en Espagne avec ma mère. Pendant l'été ma cousine C. nous a fait la surprise de nous annoncer son mariage prévu 3 semaines plus tard, elle était ravie de savoir qu'avec si peu d'anticipation nous serions dans les parages et nous pourrions être présentes ma mère et moi. Galilée m'a manqué, mais j'ai aussi réalisé que ça me faisait du bien d'avoir du temps pour moi, de voir qui je voulais quand je voulais sans avoir à tenir compte de "quoi? On va encore chez des amis à toi? Mais on ne fait que ça tout l'été, voir tes amis et ta famille"

Pendant l'été j'ai rencontré mes 4 nouvelles petites cousines, l'été 2013 avait été très éprouvant pour moi avec l'annonce de la grossesse de trois de mes cousines (avec des vraies jumelles pour l'une d'entre elles) plus l'annonce de la grossesse de mon amie D., je me suis toujours réjouie de toutes ces naissances à venir, mais comment ne pas ressentir un horrible pincement au coeur? Comment ne pas se dire "et oh la nature, il vient quand mon tour à moi? Ca fait 2 ans et demi que j'essaye moi!". L'été 2014 fut l'été de la remise en question. Un autre cousin allait avoir un bébé, ainsi qu'une autre copine et moi j'ai commencé à me demander que serait ma vie une fois les 4 essais Fiv tentés, et aucun résultats. Galilée ne voulait pas adopter, il était clair là dessus, ni faire appel à des dons d'embryons, d'ovocyte de sperme, rien de tout ça. Je me demandais si j'arriverais à retrouver ma joie de vivre après ça, si je serais capable de vivre ma vie de femme, en ne sachant rien de ce qu'était une vie de mère. Je me suis faite à l'idée. Difficilement, mais je me suis dis que oui, que j'aimais la vie, que je pourrais finir par l'accepter, mais que je changerais radicalement de vie, finit le train train Guadeloupéèn, et à moi les voyages, si Galilée m'aimait, qu'il me suive.

Septembre est arrivé. J'ai retrouvé Galilée, finalement nous nous étions envoyé des textos tous les jours, à défaut de s'appeler pendant des heures. Nous avons repris contact avec le centre de pma, avons refait certains examens, et en octobre un nouveau traitement à commencé. 15 jours de piqûres le soir, puis 15 jours matin et soir, avec rendez vous tous les deux jours à 6 heures du matin à l'hôpital, puis une prise de sang, puis petit déjeuner parfois pris dans ma voiture avant d'aller au travail.

D'après notre gynécologue, le traitement ne fonctionnait pas aussi bien qu'il aurait du. L'endomètre n'était pas assez épais, il n'y avait pas beaucoup de follicule qui grossissait, en plus l'un d'eux était parti beaucoup trop vite en tête tandis que les autres étaient encore trop petits. Malgré ça le traitement a continué, jusqu'au jour de la ponction, fin novembre.

Alors la ponction. Laissez moi vous raconter, pour ceux qui ne connaissent pas le merveilleux monde de la fiv.

Moi je pensais naïvement qu'on te fourrait un cathéter dans l'utérus, qu'on remontait le long de tes trompes jusqu'à l'embouchure de tes ovaires, et que là, avec une mini épuisète au bout du cathéter on choppait tes ovules en train de se faire la malle.

Que nenni. La technique est la suivante, on enfonce une aiguille à gauche puis à droite à travers les parois de ton vagin, pour atteindre les ovaires, et là, on choppe les ovules à la sortie. Alors tu es censée être endormie pendant cette petite promenade de santé. La première fois ça c'est très bien passé, j'ai dormi comme un loir. La deuxième fois, j'étais réveillée, j'ai absolument tout senti, mais j'étais suffisement anesthésiée pour ne pas avoir la force de dire "attendez s'il vous plait, je ne dors pas encore, attendez que je m'endorme".

Pour ajouter à mon bonheur, on m'avait mis dans une chambre quadruple. Comme dans la chambre il y avait trois autres dames, on a demandé à Galilée de bien vouloir attendre ailleurs. Quand je suis redescendue du bloc, je n'ai donc pas pu avoir ses bras réconfortants pour me consoler. La biologiste est venue me voir au bout d'une heure pour me dire "je cherche votre mari", je lui ai répondu, "moi aussi je le cherche (sauf que j'ai tellement mal à la bonbonière que j'ai du mal à me mettre debout pour le chercher là), si vous le trouvez vous pouvez lui dire que je suis redescendue du bloc???", et puis le gyneco est venu me voir pour me dire qu'on avait obtenu 10 ovules. Ouais, super, comme la dernière fois quoi...

Le lendemain on nous a rappelé pour nous dire qu'on avait 6 ovules fécondés, "ouais, super, comme la dernière fois aussi, ça ne veut pas dire que dans deux jours ils se seront divisés, et qu'on m'en transfèrera un, mais bon, gardons espoir, youpiii, y'a 6 embryons!" Deux jours après la ponction, retour à l'hopital, et là, le cauchemar recommence, le même, exactement, la même biologiste qui pour ne pas nous recevoir dans le couloir nous reçoit dans un minuscule débarras, et nous montre un tableau de l'évolution des nos embryons, donc on en avait un à 5 cellules, mais très fragmenté, de catégorie C ou D, et 5 autres à deux cellules, la division cellulaire c'était arrêté à nouveau.

 

A suivre...