Pardon, pardon pour ces longs mois de silence.

Tout va bien.

Hadrien et Oliver sont nés le 6 Juillet à 11h25 et 11h28 par césarienne. J'étais enceinte de 34 semaines et 5 jours. Hadrien se présentait en siège. Après radio du bassin l'équipe a bien voulu quand même essayer la voie basse. J'ai souffert, lutté, poussé, de toutes mes forces, et il descendait peu à peu le pépère, doucement mais surement, et d'un coup l'équipe a dit "ok, on arrête, madame ça ne va pas assez vite, le deuxième jumeaux souffre énormement à chaque poussée, son coeur ralenti. On doit faire une césarienne. Après ça la douleur. Physiquement c'est très dérangeant, même si tu ne peux pas vraiment dire que ça fait mal. Psychologiquement, l'horreur, tu sais qu'on ne posera pas sur ton ventre nu ton enfant nu. Tu le vois, 3 secondes, le temps de dire il s'appelle Hadrien, avec un H, comme l'empereur (c'est dingue mais là je suis en train de pleurer en écrivant), le temps de lui dire "bonjour mon amour" et il part, puis le deuxième, il s'appelle Oliver "que tu es beau mon chéri, je t'aime". Deux petites boules de chair couvertes de sang, de blanc, de parts de moi. L'obtétricienne fini de me recoudre, puis elle dit "bravo à tous, merci l'équipe", et sous mes montagnes de draps, capteurs, truc bizarre gonflable à la con qui me venait sur le visage à chaque poussée je dis "merci l'équipe" et tous sourient, et me disent "bravo madame, vous avez été bien sage". Et c'est vrai, j'ai été sage quand alors qu'on m'avait dit que Galilée venait avec moi au bloc j'ai constaté que finalement il ne viendrait pas, parce qu'il y avait déjà "trop de monde au bloc avec tous les internes". J'ai été sage quand on m'a dit que j'allais pousser allongée alors que je le sentais mieux avec le buste un peu relevé, et je voulais qu'on m'enlève ce putain de ballon gonflable qui me retombais sur le visage sans arrêt, j'ai été sage quand on m'a dit de faire des poussées bloquées alors que moi je voulais souffler en poussant. J'ai été sage. Ca commence comme soumise...

Malgré tout je me dis, encore des mois après, il y a un siècle on y serait passé tous les trois, avec Hadrien en siège comme ça.... Merci l'équipe.

Après ça, je suis sortie du bloc, et on m'a montré une boite en verre, avec mes bébés, et je ne savais pas qui était Hadrien et qui était Oliver. Ils étaient beaux, je voulais les étreindre, on m'a dit qu'ils pesaient 2k 200 pour le premier, et 1 kg 700 pour le second,  qu'Hadrien avait fait une apnée à la naissance, et Oliver avait besoin de prendre rapidement du poid, et que pour ces raisons on allait les monter au service de néonat pour les surveiller de près. En gros pour moi ça voulais dire que j'allais les voir le lendemain. (Je ne les ai vus que 48 heures plus tard, pendant 3 heures_ pendant lesquelles on a vu tous les appareils d'Hadrien clignoter à tout va parce que le coquin avait encore oublié de respirer, une petite secousse et il était reparti_  puis à nouveau plus du tout pendant 48 heures)

En sortant de la salle de réveil m'attendait Galilée. Il m'a dit que nos enfants étaient beaux, qu'ils allaient bien, et qu'ils me ressemblaient tous les deux beaucoup.

Les jours suivants ont été éprouvant pour Galilée qui faisait l'aller retour entre ma chambre, la maison et le service de néonat, m'apportant des photos des petits, enregistrant ma voix pour leur faire entendre. J'ai du rester allitée 48 heures de plus après ma première rencontre avec eux suite à une brèche produite pendant la pose de la péridurale. Je me sentais impuissante, coincée dans ce lit, loin de mes bébés. Je trouvais que c'était injuste, qu'on avait assez donné avec la pma, qu'on avait le droit de souffler un peu. Puis je suis sortie de l'hopital, et ils y sont restés. Ils ont passé 3 semaines en néonat. C'était une période bizarre. Tu sais que tu es maman, mais tu ne ressens pas la joie intense que tu es censée ressentir. Tu as peur, tu es comme anesthésiée. Et puis les semaines ont passé, puis les mois, ils en ont maintenant 10, bientôt 11, bientôt 12....

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Est ce que le bonheur se raconte?

Mes fils sont merveilleux. Je n'en échangerai aucun contre une petite fille. En fait ça m'importe peu d'avoir une fille. Sauf quand je passe au rayon fille des magasins de vêtements pour enfant. Ils commencent à se mettre debout, parcourent la maison à 4 pattes, sourient quand ils me voient, et disent mamamamamama. Ils se poursuivent, se tiennent par la main, se sourient quand ils se voient le matin, se font des calins. Ils sont très différents, et c'est fascinant de les voir évoluer. Ils passent par des phases qui font mentir tous ceux qui veulent les cataloguer "Oliver c'est le sérieux", bah non tu vois, en ce moment c'est l'inverse, "Hadrien c'est le plus sociable", mais en ce moment il détourne la tête quand des inconnus lui parlent. C'est qui le plus nerveux? Bah ça dépend....

Il parait qu'ils ont mon sourire (je suis contente, parce que j'adore sourire, et on me dit souvent que ce que j'ai de plus beau c'est mon sourire)(ça veut peut être dire que j'ai un gros cul?)(ou que je suis moche avec un beau sourire?)

Bientôt, ce sera ma première fête des mères. L'an dernier Galilée me disait "l'an prochain pour la fête des mères tu seras maman". Ces dernières années la fête des mères était douloureuse pour moi. Teintée de "jamais". Et bientot nous fêterons le premier anniversaire des petits, en Provence, avec mes amis, mes parents, ceux que j'aime, ceux qui m'aiment, les miens.

Galilée et moi formons une formidable équipe. Hier nous avons (pas) fêté (parce que je suis clouée au lit avec un gros rhume de ceux qui te mettent à plat) (c'est d'ailleurs grâce à ça que j'ai enfin le temps d'écrire ce post) nos 7 ans (mais ce n'est que partie remise!). C'est un père formidable, et un amoureux attentionné. Il n'est pas du genre chocolat et fleurs, et pourtant il me surprend toujours. On n'est pas toujours d'accord sur tout (ne pas laisser pleurer les bébés), et on fait de notre mieux.

J'ai envie d'un 3ème enfant peut être un jour. Galilée pour l'instant veut que nous restions à une famille de 4. J'aimerai pouvoir revivre plus sereinement l'accouchement, connaître cette sérénité du deuxième enfant, parce que tu sais, que tu en chies avec les colliques, les dents, les pleurs que tu ne comprends pas, mais que tout ça n'est que temporaire, c'est une phase, ça ne durera pas toujours. Et cette fois ci connaître ce moment où on pose ton enfant sur toi. Peau contre peau. Je ne ferais plus jamais de traitement, c'est trop dur, je repense à mon corps couvert de bleus, aux maux de tête, à la nausée, à la prise de poids pendant les traitements, mais le plus dur c'est les échecs après tant d'effort et d'espoir. Alors peut être que dans une paire d'années, si nous nous en sentons le courage, j'arrêterai tout moyen de contraception et advienne que pourra.

Je ne sais pas quand j'aurais le temps d'écrire à nouveau. Ni si j'en aurai l'envie. Surement que oui. Alors passez de temps en temps, vous y trouverez peut être une petite surprise.

Bonne fête des mères à toutes les mamans, à toutes celles qui espèrent, à celles qui ont renoncé, à celles qui ont fait le choix de ne jamais le devenir, à celles dont les entrailles brulent de ne pas y arriver, à celles qui voulaient des filles mais aiment leurs garçons, à celles qui voulaient des garçons mais aiment leurs filles, et à la mienne qui aimerait me lire et  à qui je cache l'adresse de ce blog, je dirai merci pour TOUT.