Qu'on se le dise,

Les antillais ne sont pas hospitaliers. Sauf exception évidement. Mais la norme est chacun chez soi.

Déjà, avec mon amoureux, je dois négocier pour loger des amis qu'il ne connait pas. J'ai failli le quitter il y a 6 mois, parce que deux copains m'avaient demandé s’ils pouvaient passer une semaine chez moi, et Galilée ne comprenaient pas pourquoi ils n'allaient pas à l'hôtel. Je lui ai dit qu’on n’avait rien à foutre ensemble avec des visions si différentes de l'hospitalité, il a accepté qu'on les reçoive, et s'est comporté comme un goujat pendant toute la semaine, restant dans le bureau pour programmer, ne participant pas aux repas. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas partir. Je suppose que je l'aime (je suppose que j'ai peur d'être seule, de tout recommencer à zéro, d'être célibataire à 33 ans, sans enfants, je suppose que je suis aussi un peu/beaucoup lâche)...

 

Vous me direz, ton mec est un gros con, tu peux pas jeter l'opprobre sur la totalité de la population antillaise pour autant...

Certes. Sauf que cette année je co-coordonne un projet d'échange... On est 10 pays dans ce projet, on échange sur des sujets commun, et on à 4 meeting sur un période de 2 ans pour se rencontrer dans l'un des pays du projet, profs et élèves. C'est comme ça que j'ai eu la chance de partir en Finlande au mois de Mai dernier. J'ai été bluffée, déjà par le lycée qui nous a accueilli, et c'est la que j'ai réalisé qu'enseigner en G*ad*a, ou enseigner dans un collège de métropole ou d'Europe, c'est à peu près la même différence qu'entre être médecin dans une clinique privée et être médecin dans un dispensaire à Caracas.

Ensuite, j'ai été épatée par l'accueil des Finlandais. Ils nous ont préparé des repas, nous ont donné du temps, ont échangé avec nous. C'était incroyable.

Il a été décidé qu'un des meetings se ferait en G*adel*oupe. (Pas par nous). On s'est donc mis en quête de familles d'accueil pour héberger les élèves de notre partenariat. On a ciblé nos élèves de 3ème, puisque nos partenaires sont majoritairement des lycées. Sur environ 200 élèves, on a eu 10 réponses positives. Il nous manquait une 40aine  de familles. On a demandé à nos partenaires de réduire la voilure, d'emmener moins d'élèves. On a parlé aux élèves. On leur a expliqué à quel point c'était un enrichissement de recevoir des élèves de partout dans l'Europe, quand auront ils une nouvelle opportunité de rencontrer des jeunes venus de Suède, Finlande, Estonie, Portugal, Italie, Allemagne, Danemark...? Ma collègue leur a dit qu’ils pourraient participer à certaines sorties scolaires avec leurs hôtes...

Péniblement, on a réussi à trouver 31 familles. Voilà, on a bossé dur, on a organisé le planning de la semaine, on s'est aperçu que bouger nos 53 hôtes, plus les 15 élèves de notre collège qui bossent dur sur le projet C. (et qui accueillent également) , ça faisait déjà beaucoup et qu'on ne pourrait pas emmener en sortie les élèves qui accueillent des élèves européens mais n'ont pas concrètement travaillé sur le projet C. Ca nous demandait un bus supplémentaire, certains prestataires ne pouvaient pas accueillir autant de participants.

Ce soir a eu lieu la réunion avec les familles qui accueillent. Certains parents nous ont dit qu’ils avaient le sentiment d'être des bouches trou et de servir de taxi, qu'ils avaient accepté d'accueillir un élève parce qu'ils pensaient qu'il y aurait un bénéfice pour leurs élèves, une récompense. Ils voulaient savoir pourquoi leurs enfants ne partiront pas en Suède au prochain meeting alors qu'ils avaient accepté d'accueillir un élève. Une maman a dit qu'elle était dégoutée de voir qu'elle allait devoir préparer un pique-nique pour son hôte pour une sortie à laquelle sa fille ne pourrait même pas participer. Je lui ai dit "ne vous inquiétez pas madame, je préparerai le pique-nique pour cet enfant". 

 

Je suis écœurée par le genre humain. L'hospitalité Antillaise???? Mon cul ouais, les antillais sont les gens les moins hospitaliers que je connaisse, dans la mesure où hospitalité pour eux veux dire compensation.

 

J’ai remis le couvert avec mon homme, je loge les profs Allemands pendant deux jours (ils sont coordonateurs généraux du projet et avaient besoin de venir quelques jours de plus que les autres profs mais n’avaient pas les fonds pour se loger plus de 6 jours à l’hôtel). Il se plaint du fait que pendant deux jours ses petites habitudes vont être bouleversées… Il dit « on verra bien comment ils se comportent… » Il a toujours le sentiment que les gens qu’on reçoit vont mal se comporter, laisser la clim allumée toute la journée, faire des manières pour la nourriture. J’essaye de lui faire comprendre qu’il faut laisser au gens le bénéfice du doute, il est profondément pessimiste (je suis profondément optimiste). Pour la première fois depuis 4 ans, je me demande ou je vais, et si je vais dans la bonne direction…

 

Voilà voilà, ça fait 6 mois que je n’écris pas.