(Rappel, pour tout bien comprendre, vous pouvez relire là)

Le jour suivant était un lundi, jour honni s’il en est, mais ce lundi là, le lundi 25 mai, même,  fut peut être un des plus beaux de ma vie. Je me pointais au collège, normal, et mis le Paracuellos dans le casier de Galilée. A la récré, alors que j’étais appuyée sur une table dans un coin de la salle des profs je vis Galilée entrer et se diriger vers son casier et récupérer son Paracuellos, jeter un coup d’œil circulaire, s’apercevoir de ma présence, et venir vers moi alors que simultanément fonçait vers moi ma collègue d’espagnol. Et là s’ensuivit un long moment de solitude, ma collègue disant à Galilée, ah, c’est ça la fameuse bd dont tu m’as parlé ? Sentiment de jalousie intense, comment ça, mais il bouffe à tous les râteliers celui là, le Paracuellos c’est la technique d’approche pour draguer les hispaniques ? Qu’est qu’y fait qu’est ce qu’il a, qui c’est celui là… Tout ça tout ça en même temps dans ma tête, sonnerie de fin de récrée et hop je remonte en classe.

 

Le midi, à peine arrivée chez moi, prête à me jeter sur et dans mon frigo comme un légionnaire sur une chèvre je fus interrompue par la sonnerie du portable qui t’annonce un texto (perso la mienne est très sobre, elle fait juste ding dong, à moins que ce soit dong ding, faut que je vérifie). Le texto disait : « J’avais tant de choses à te dire ! Mais en salle des profs ce n’est pas très discret ! Donc je patiente pour poser ma question. Je t’embrasse très chère. ».

Comme j’étais affamée (genre quand j’arrive du collège je suis dangereuse pour moi-même et pour les autres tellement j’ai faim) j’ai d’abord mangé, puis j’ai rappelé Galilée. En lui disant : « Salut Galilée, alors ? Faut qu’on parle ? » Avec un ton un peu comme dans les films de mafia, genre je faisais de l’humour pour dédramatiser quoi. Et le Galilée me répond « ça te dis qu’on aille boire un verre ce soir ? » Alors j’ai répondu « je sais pas, ce soir j’ai piscine… demain ? » (note que jusque là j’étais en parfait accord avec les conseils du Manuel de conseils à la parfaite nouillasse : Chapitre 1 Fais toi grave désirer au point que le mâle convoité te courre après comme un chacal alors que tu restes inaccessible.) Alors genre il a dit « demain aprèm tu bosses ? » Alors genre j’ai répondu « nan je bosse pas » et genre il a ajouté « bon ben je t’appelle demain et on voit, je te laisse parce que ça fait déjà 5 minutes que  j’aurais du récupérer les élèves dans la cour. » (Au moment où j’écris ce lignes je pense Au CPE _ le notre, le seul l’unique_ et à tous les CPE qui les liront en roulant des yeux et en pensant :  « putain de branleurs de profs de merde en train de draguer au lieu d’aller récupérer leurs élèves dans la cour, après on s’étonne qu’il y ait des drames ! ») Et il a raccroché.

Alors, à ce moment là, je me suis dis, putain, mais qu’est ce qu’il voulait me dire ? Et en plus demain je donne un cours particulier, j’avais complètement oublié. Alors, n’écoutant que ma conscience de fille nouillasse trop curieuse bien incapable de se la jouer inaccessible quand bien même sa vie en dépendrait et faisant fit des tous les conseils du Manuel de conseils à la parfaite nouillasse j’ai textoté :  « Tu as attisé ma curiosité (en fait il avait aussi attisé ma culotte, mais je pouvais raisonnablement pas textoter ça!) et je me demande ce que tu as à me dire et à me demander. En plus j’avais oublié mais demain aprem je donne des cours. J’aimerai te voir ce soir. Je t’appelle en sortant de la piscine OK ? »

La conversation qui suit s’est entièrement déroulé par le biais des portables :

Lui : « Waow ! Quelle soudaine impatience, Ema, Quel stress pour moi ! A plus tard ! Kiss » Bon, alors là tu analyses tout, même le moindre point d’exclamation. Pourquoi il est stressé ? Et pourquoi il écrit Kiss, il est pas prof d’anglais ? Bon en même temps il va pas non plus conclure par le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des cotés. Peut être que Bisous ça fait trop sérieux. Peut être qu’il a hésité avec poutou ?

Moi : « On peut attendre demain soir si ça te stress trop » Entre temps, j’étais tombée sur le chapitre 2 du Manuel de conseils à la parfaite nouillasse : Si vous vous êtes montrée trop accessible il est toujours temps de faire machine arrière. (et j'avais mis des glaçons dans ma culotte)

Lui : « Non j’ai envie de te parler ce soir ! T’inquiète pas pour le stress. Je survivrai ;-) »

 

Alors j’ai pris une décision importante… J’ai décidé avant d’aller à la piscine de ne pas m’épiler. Je me suis dit, la seule façon de ne pas finir dans son lit, de ne pas coucher le premier soir, c’est de  pas me faire le ticket de métro, (et ne pas m’épiler les jambes non plus, j’y vais en pantalon, genre je vais pas non plus faire un effort vestimentaire). Du coup j’oserai pas montrer mon intimité, et du coup, je coucherai pas le premier soir. En arrivant à la piscine j’ai raconté les derniers événements à ma copine G (avec qui on a fait beaucoup de longueur, mais à un rythme pas très très soutenu), lui ai dit que j’allais voir Galilée après la piscine et lui ai expliqué ma stratégie de la non épilation. Ce à quoi elle a répondu « ouhais c’est ça, Ema, t’as pas eu de relation charnelle depuis genre trois mois (oui je vous ai jamais raconté mais en Février j’avais eu une aventure torride d’un soir avec un belge sur la plage) et tu va me faire croire que le fait de ne pas être épilée va t’empêcher de faire quoi que ce soit avec Galilée. »

A suivre....